Association Malienne des Expulsés

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Caritas / L’Europe sous-traite sa politique migratoire en Afrique

« Prisonniers du désert », l’enquête publiée par la Cimade le 16 décembre, décrit le bouleversement et les violations des droits de l’homme provoqués par le contrôle des flux migratoires de certains pays d’Afrique du nord-ouest à la demande de l’Union européenne.


©VIOUJARD CHRISTIAN/ MAXPPP
Mauritanie. Sur la route de Nouadhibou.

L’Association malienne des expulsés, l’Association mauritanienne des droits de l’homme, l’Association nigérienne Alternatives espaces citoyens et la Cimade examinent la situation dans ces régions d’Afrique de l’ouest, aux frontières du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal où depuis 2006 une politique migratoire méconnue, mais néanmoins impitoyable, s’applique aux étrangers.

En effet depuis 2008, l’Union européenne externalise sa politique migratoire en offrant un “partenariat global avec les pays d’origine et de transit” ; les pays concernés devenant les nouveaux gardiens de l’Union en contrepartie d’une aide au développement ou d’arrangements politico/diplomatiques.

Conditionner l’aide au développement

Conditionner l’aide au développement à l’exécution d’objectifs en matière de contrôle migratoire remonte à l’automne 2006 quand l’Espagne verse 20 millions d’euros au Sénégal pour que ce pays réadmette 4000 de ses ressortissants débarqués aux Iles Canaries. La France a également promis en 2006 au Sénégal 2,5 millions d’euros pour des micro-projets en échange d’un accord sur la gestion “concertée” des flux migratoires.

Quitter son pays est devenu un délit

« Le droit de quitter tout pays, y compris le sien » est consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Un droit qui allait de soi jusqu’à il y a peu, puisqu’il était ancré dans les traditions de ces pays et qu’il participait à la survie d’une grande partie de la population allant, au gré des saisons, travailler dans les pays voisins. La libre circulation des ressortissants des pays de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) est également un principe affirmé par les traités. Mais la Mauritanie ne fait plus partie de la CEDEAO et c’est là que les enquêteurs ont concentré leurs observations. Quitter son pays est aujourd’hui considéré comme un délit.

Enfermés sans pouvoir se défendre

À Nouadhibou, en Mauritanie, tous les étrangers sont aujourd’hui susceptibles d’être arrêtés, enfermés sans pouvoir se défendre, et refoulés vers des zones hors du pays où rien ni personne ne les attend, et où ils sont condamnés à l’errance. Les valeurs de liberté, d’égalité et de justice n’ont pas accompagné les arrangements passés avec les Européens. Pire, cette situation rend les chemins de l’immigration encore plus dangereux, les candidats au voyage étant forcés de prendre des zones désertiques, peuplées de passeurs peu scrupuleux et avides de délester de leur argent ceux qui veulent rejoindre les rives de la Méditerranée ou de l’Atlantique pour passer en Europe.

Jean Haffner, responsable du département Étrangers au Secours Catholique, rappelle qu’en 1989, « avant la chute du rideau de fer, l’Europe reprochait au bloc soviétique de faire fi du droit de circuler librement. Or, aujourd’hui, l’Europe est la première à demander aux pays voisins de rétablir des frontières, d’interdire aux personnes d’aller et venir librement. Deux poids deux mesures alors qu’il s’agit des mêmes instruments internationaux. »

Jacques Duffaut

- http://www.secours-catholique.org/a...

vendredi 17 décembre 2010

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