Association Malienne des Expulsés

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L’indicateur Renouveau / L’enfer des Maliens se poursuit en Libye : 150 autres compatriotes restent en prison et attendent leur expulsion

Alors qu’au début de ce mois de mai, l’Aéroport de Bamako accueillait 149 compatriotes expulsés de manière brutale et spoliés de leurs biens par les services de sécurité de la Libye, on apprend, de sources généralement bien informées (dont les proches des familles d’immigrés) qu’ils sont encore plus d’une centaine à croupir dans les geôles libyennes, en plein désert du Sahara.

Dans notre livraison du vendredi 7 mai, sous le titre « COOPERATION MALI-LIBYE : Khadafi, le vrai faux ami du Mali », nous dénoncions la cruauté avec laquelle le « Guide libyen » a expulsé 149 compatriotes. Comme si cela ne suffisait pas, l’enfer subi par les Maliens immigrés en Libye est encore loin de connaître son épilogue. Et chaque jour, les évènements témoignent d’un mépris évident du gouvernement libyen envers les ressortissants sub-sahariens, notamment ceux du Mali.

D’autres sources dignes de foi rapportent qu’ils sont encore 150 Maliens retenus dans les centres de détention et sont repartis entre les prisons libyennes les plus cruelles, et qui n’attendent plus que d’être rapatriés. La plupart d’entre eux sont internés au centre de détention de Barack, en plein désert saharien où ils vivent dans des conditions effroyables : aussi encourent-ils le risque d’un traumatisme psychologique à leur retour au pays.

Cette information nous parvient alors qu’il y a moins d’une année, ils étaient plus d’une cinquantaine dans cette même prison de Barack. Et beaucoup d’entre eux ont été traumatisés par la violence de la répression et la nature du régime carcéral : privation de nourriture et d’assistance médicale pour les malades et les blessés. Pour le restant de leur vie, ils continueront malheureusement de garder les séquelles physiques et psychologiques de ces violences. Certains en sont d’ailleurs morts et dans des conditions qui offensent la dignité et la sensibilité humaines, tandis que 8 autres étaient plongés dans une profonde agonie, en violation flagrante des principes fondamentaux de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et dans l’indifférence la plus totale : il s’agit notamment de Ousmane Coulibaly, Moussa Diarra, Souleymane Dembélé, Oumar Diallo, Aliou Touré, Mohamed Ag Abdoulaye Keïta et Fousseyni Dembélé.

Parmi ceux qui sont sont décédés, on citera, entre autres, Modibo Keïta (natif de Kangaba, dans la région de Koulikoro), Abdoulaye Sangaré (de Sikasso), Kamissa Keïta, 27 ans, originaire de Koulouninkoto, dans le cercle de Kita, décédée le 21 Août 2008. Quant à Salif Aly Traoré (32 ans), il est mort le 15 décembre 2009 par manque de soins, alors qu’il soufrait en prison d’une maladie chronique. Adama Sidibé (originaire de Dioïla), lui, est décédé à l’âge de 33 ans dans la même prison.

La liste n’est pas exhaustive et démontre à suffisance le caractère inhumain du traitement réservé aux immigrés maliens dans les prisons libyennes. La plupart de ces Maliens, indignement expulsés après leur détention par Kadhafi, travaillent depuis des années sur le sol libyen et n’étaient pourtant pas des sans-papiers.

Concernant nos compatriotes expulsés de Libye, les paraissent effroyables ces derniers temps. En effet, pour l’année 2008, 420 Maliens ont été expulsés du sol libyen. En septembre de l’année 2009, 153 Maliens ont été rapatriés après avoir passé plusieurs mois de détention dans les prisons libyennes. La première vague de l’année 2010 a été les 149 rapatriés en ce mois de mai. Bientôt, 150 autres devront retourner au bercail après leur détention. Le tableau de la situation dramatique de nos compatriotes vivant en territoire libyen (à l’instar d’autres d’autres pays du pourtour méditerranéen remet en question « l’Unité Africaine » et la mise en place d’un « Gouvernement des Etats-Unis d’Afrique ».

En matière de coopération, la Libye se positionne comme un « allié stratégique du Mali », au point qu’il serait invité à prendre part aux festivités du Cinquantenaire de l’Indépendance de notre pays, tout comme le Mali a été invité en Libye en juin dernier à l’occasion de la célébration des quarante ans de la Révolution libyenne. Et, le paradoxe révoltant, c’est que le « Guide de la Révolution libyenne » se bat pour l’unité africaine, il s’oppose en même temps à la libre circulation des hommes sur le territoire libyen, fait arrêter « ses frères africains », les emprisonne, les violente...

Son Syrte (une région de la Libye) se positionne comme la capitale politique de l’Afrique, tandis que Tripoli s’affiche comme la capitale des répressions et des humiliations des Africains originaires des pays au Sud du Sahara. Ce sont les Négro-africains qui sont expulsés, mais pas des Arabo-berbères qui sont de la même nationalité ! Comme pour dire q’une nouvelle forme de racisme, de discrimination et d’ostracisme inacceptables est véritablement née en Libye.

Issa Fakaba SISSOKO

- L’indicateur Renouveau, 20/05/2010 http://www.maliweb.net/category.php...

jeudi 20 mai 2010

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