Première journée : dette, changement climatique, migration et rôle des femmes
La première journée du séminaire s’est tenue de 09h30 à 15h30. Elle a débuté par une présentation du thème et du contexte de l’activité, suivie du mot de bienvenue du président de l’AME, M. Ousmane Diarra. Les participants ont ensuite procédé à un tour de table permettant à chacun de se présenter.
Après cette séance introductive, les travaux ont porté sur plusieurs communications.
La dette en Afrique et au Mali
La première présentation, animée par M. Boulay du CAD-MALI, était consacrée à l’état de la dette en Afrique et au Mali.
L’intervenant a présenté l’évolution de la dette africaine et ses conséquences sur les finances publiques. Au Mali, le stock de la dette publique s’élevait, à fin décembre 2025, à environ 7 307 milliards de FCFA, avec une prédominance de la dette intérieure.
La présentation a également permis d’établir des liens entre endettement, politiques d’austérité et migration. La réduction des investissements dans certains secteurs essentiels, notamment la santé, l’éducation et les infrastructures, peut contribuer à fragiliser les conditions de vie et à réduire les perspectives économiques, particulièrement pour les jeunes.
Les échanges avec les participants ont permis d’approfondir ces questions et de discuter des pistes permettant de mieux prendre en compte les enjeux économiques et sociaux liés à la migration.
Changement climatique, migration et conflits
La deuxième communication a été présentée par M. Ousmane B. Konaté, consultant spécialiste du changement climatique, autour du thème : « La problématique des changements climatiques au Mali : quelles stratégies d’adaptation et de lutte contre ses conséquences négatives ? »
L’exposé a mis en évidence les effets du changement climatique au Mali, notamment la hausse des températures, la dégradation des terres, l’irrégularité des précipitations, l’avancée du désert et les difficultés rencontrées par les populations dont les moyens de subsistance dépendent de l’agriculture.
Les discussions ont également porté sur le nexus climat-migration-conflits. La raréfaction des ressources naturelles et la dégradation des moyens de subsistance peuvent favoriser des déplacements de populations et accentuer les tensions dans les zones d’accueil.
Face à ces défis, l’importance de renforcer les stratégies d’adaptation a été soulignée, notamment à travers une meilleure gestion de l’eau, le développement de pratiques agricoles adaptées et la diversification des activités économiques.
Le rôle des femmes dans la recherche de solutions durables
La troisième communication portait sur le rôle des femmes dans la lutte et la recherche de solutions aux problématiques de la dette et des changements climatiques en lien avec la migration au Mali.
La représentante de WILDAF, Mme Dicko, a mis en lumière la vulnérabilité particulière des femmes, des enfants et des migrants face aux conséquences des crises climatiques, économiques et sociales.
Elle a également présenté plusieurs initiatives visant à renforcer la résilience, le leadership et la participation des femmes dans la gestion des ressources naturelles et les processus de décision.
Les échanges ont notamment porté sur les actions de plaidoyer menées avec la KOMAJES auprès du Conseil National de Transition (CNT) pour une meilleure prise en compte des femmes, des personnes vulnérables et des personnes vivant avec un handicap dans les politiques publiques.
La protection des migrants, la lutte contre la traite et le trafic des personnes ainsi que la sensibilisation des migrants sur leurs droits ont également été abordées.
Deuxième journée : renforcer la synergie entre les acteurs de la migration
La deuxième journée a débuté par la lecture et la validation du rapport de la première journée.
Après la pause, les participants ont suivi une communication de M. Bane, expert du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME), consacrée au sous-thème :
« Les acteurs de la migration au Mali : rôles et synergie d’actions pour une plus grande efficacité ».
Cette session a permis de présenter les différents acteurs intervenant dans le domaine de la migration au Mali et de réfléchir à leurs rôles respectifs ainsi qu’aux mécanismes permettant de renforcer leur collaboration.
Les échanges ont notamment concerné les services de l’État, les organisations de la société civile, les associations, les partenaires techniques et financiers et les communautés.
Les participants ont insisté sur l’importance d’une meilleure coordination entre ces différents acteurs afin de renforcer la protection, l’accompagnement et la prise en compte des droits des migrants.
La journée a été particulièrement riche en débats, en contributions et en partage d’expériences, permettant aux participants de confronter leurs expériences et de dégager plusieurs pistes de réflexion pour améliorer l’efficacité des interventions dans le domaine de la migration.
Des échanges pour renforcer l’action collective
Au terme de ces deux journées, le séminaire annuel de l’AME a constitué un espace important de dialogue, de réflexion collective et de partage d’expériences autour des principaux défis liés à la migration au Mali.
Les différentes interventions ont montré les liens étroits entre les difficultés économiques, les effets du changement climatique, la dégradation des moyens de subsistance, les déplacements de populations et les dynamiques migratoires.
Les discussions ont également souligné la nécessité de renforcer la participation des femmes et des communautés, le plaidoyer, la protection des migrants ainsi que la synergie entre les différents acteurs.
À travers ce séminaire, l’Association Malienne des Expulsés réaffirme ainsi son engagement à contribuer à la défense des droits et à la protection des migrants, tout en favorisant le dialogue entre les acteurs concernés et la recherche de réponses durables aux défis migratoires, économiques, climatiques et sociaux auxquels le Mali est confronté.




