Association Malienne des Expulsés

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Aéroport de Bamako Sénou : Deux français interpellés pour avoir porté atteinte à la liberté de circuler

(Le Républicain (ml) 26/06/2009)

Depuis le refus de notre pays à signer les accords de réadmission, l’aéroport de Bamako est devenu le théâtre d’une pratique que les autorités maliennes devaient dénoncer de vive voix. Par des stratagèmes dignes d’une autre époque, des autorités françaises tapies dans l’ombre, poussent les compagnies Air France et Aigle Azur, à porter atteinte à la liberté de circuler de certains citoyens maliens établis en France.

Ce comportement inadmissible et à la limite illégale, a failli provoquer un incident diplomatique, dans la nuit du 24 au 25 juin 2009, à l’aéroport de Bamako. Pour interpeller les autorités françaises et maliennes et surtout pour informer l’opinion publique nationale, l’Association malienne des expulsés (AME) a organisé, le 25 juin 2009, un point de presse.

Il ne se passe plus de jour que des Maliens résidents en France ne se voient refuser l’accès des avions qui doivent les ramener à leur domicile, après un bref séjour au bercail. Mahamadou Keita, secrétaire général de l’AME, dans sa mission d’accueil des expulsés maliens de l’Europe, notamment de la France, a été le témoin d’un scandale qui frise à la limite un incident diplomatique. Des autorités maliennes qui se sont enfin décidées à faire respecter leurs citoyens, ont décidé de bander les muscles contre les agents des compagnies Air France et Aigle Azur, qui se payent le luxe d’empêcher des passagers maliens résidents en France, dûment munis de tous leurs documents de voyage d’embarquer à destination de Paris. En tout cas, dans la nuit du 24 au 25 juin 2009, quatre policiers maliens en civil ont été commis à l’aéroport pour mettre un terme à une pratique qui ressemble à la provocation.

Et, la moisson fut bonne : deux responsables de Air France et de Aigle Azur en ont pris pour leur grade. Mahamadou Keita qui fut pratiquement témoin de la scène, a indiqué que le phénomène a commencé en février 2009, quelques jours après que notre pays, soutenu par les associations de la société civile, ait refusé de signer les accords de réadmission avec la France. Selon lui, des responsables des compagnies Air France et Aigle Azur, aider par la société de gardiennage « Securi-com », ont pris la responsabilité sur eux d’empêcher à tous les Maliens résidents en France détenteur de titre provisoire de séjour d’une durée de trois mois, d’embarquer à destination de Paris après leur séjour au bercail.

Selon Mahamadou Keita, sans préciser l’autorité française qui a pris cette décision, les responsables des compagnies mises en cause se contentent de dire qu’ils ne font qu’exécuter des consignes des autorités françaises. Lui-même expulsé de la France après 12 ans de séjour, Mahamadou Keita a expliqué que le document mis en cause par les responsables de Air France et de Aigle Azur, est un document délivré par des autorités administratives françaises à des Maliens qui ont séjourné en France pendant au moins dix ans. Selon lui, après cette longue attente, nos compatriotes, comme d’autres étrangers, ont la possibilité de bénéficier de trois sortes de récépissé. La première catégorie de récépissé autorise son titulaire à travailler et à circuler partout en France, avec même la possibilité de voyager en dehors de la France.

La deuxième catégorie interdite à son détenteur de sortir de la France et la troisième, lui interdit de sortir du département de sa résidence. Mais, il dira que tous ces récépissés pour un premier temps sont valables pour trois mois renouvelable deux fois et marque le début de la procédure vers l’obtention d’un titre définitif. « C’est muni de la première catégorie de ce récépissé que nos compatriotes, après un long séjour débarquent au bercail pour quelques jours. Et, à un moment où le document est encore valide, lorsqu’il décident de retourner en France, c’est pratiquement au pied de l’avion qu’on leur signifie qu’ils ne sont plus désirables en France », a-t-il indiqué.

Cette pratique commencée en février 2009, avait connu un temps de répit. Mais, depuis le 18 juin 2009, elle a repris du poil de la bête. Et étant donné que les autorités maliennes n’ont pas été officiellement saisies, il a fallu une descente de Niamey Keita, directeur général de la police à l’aéroport, le mardi 23 juin 2009, pour mettre les pendules à l’heure. Selon Mahamadou keita, secrétaire général de l’AME, il a clairement indiqué que aux responsables des compagnies que les autorités maliennes n’ont jamais été saisies de cette décision par celles de la France. Pour cette raison, au grand bonheur de nos compatriotes, dont certains étaient à leur troisième tentative, Niamey Keita a instruit leur embarquement immédiat et des consignes fermes ont été données au commissaire de l’aéroport de veiller à ce qu’aucun Malien muni de documents en cours de validité, ne soit victime d’interdiction d’embarquement.

Le 24 juin 2009, c’est en voulant passer outre cette consigne conforme avec la réglementation en vigueur que deux responsables de la compagnie Air France et Aigle Azur ont été interpellés et placés pendant au moins trois heures en garde à vue, au commissariat de l’aéroport. Ce qui ressemble aujourd’hui à une vengeance clandestine et sourde de l’Etat français, suite au refus des autorités maliennes de signer les accords de réadmission, va sûrement faire des vagues à Bamako.

Ousmane Diarra, Président de l’AME est monté hier au créneau pour dénoncer cette attitude sournoise des autorités françaises. Il a interpellé les autorités maliennes à tout mettre en œuvre pour que les Maliens résidents en France, munis de documents officiels délivrés par des autorités françaises, puissent exercer leur droit de circuler librement entre nos deux pays.

Assane Koné

Le Républicain

vendredi 26 juin 2009

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