Association Malienne des Expulsés

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Femmes et Immigration : quel soutien contre la dislocation du tissu/ lien familial

Emission AfriCable

Actuellement, des revues de littérature sont réalisées afin d’identifier les données existantes sur les problèmes liés à la santé mentale chez les femmes migrantes et des droits des travailleuses domestiques. De larges contributions sont faites sur les services et les programmes initiés pour résoudre ces problèmes existants. Les conclusions de l’examen de la littérature confirment un manque de capitalisation de ces données. Cela soulève la question, si ces informations sont prises en compte au niveau politique ou n’ont pas été assez documentées. Par conséquent, nous souhaiterions vivement débattre sur les questions liées à cette problématique.

1-Le phénomène de l’immigration internationale des Maliens à toujours pris une dimension familiale. Dans la sous région, en Afrique et dans le reste du monde.

La plupart des travailleurs immigrés maliens se marient après une première période d’adaptation dans le pays de destination.

Certains prennent la femme sur place tandis que d’autres se marient et ramènent la femme du pays d’origine. Cela participe non seulement à l’augmentation des nouveaux flux d’immigrants, mais surtout à la composition ethnique de ces flux qui change en faveur des pays du tiers monde et principalement pour le pays d’origine.

Les conséquences de cette immigration accrue comportent des aspects à la fois démographiques et économiques dans le sens de ses contrariétés avec la politique de régulation du regroupement familial en cours dans les pays d’accueil ; surtout dans l’UE.

Il faut également souligner les charges de stress dans le vécu quotidien de ces femmes ; au regard du choc culturel et de la réadaptation à un mode de vie différent, sans les formes de soutien traditionnelles comme la famille élargie, les amies et les voisins.

Par rapport aux expulsions, peu de femmes sont dans le lot bien qu’elles soient concernées au premier degré par les effets et conséquences du retour forcé.

Depuis la redynamisation de l’accueil et l’accompagnement des migrants en 2006, nous avons soutenu 4 cas d’arrivées involontaires de femmes immigrées en Europe.

La première était accompagnée de sa fillette de 3 ans (elle a fait 3 semaines difficiles chez un logeur, parce que elle ne faisait pas le jeune ni les prières, sa fille n’est pas excisée…) Avec le concours de Réseau Education Sans Frontières, nous avons géré le dossier et elle a put repartir ; parce que son enfant, qui n’arrivait pas à s’adapter, est tombée malade.

Ensuite il y a eu 2 étudiantes maliennes dont une métisse qui sont arrivées l’une en 2007 et l’autre en 2008 ; l’AME a battu l’appel pour le soutien et nous avons cherché l’appui de l’AEEM ; le Bureau des étudiants nous a bien aidés pour trouver une solution. Cette étudiante est répartie après des démarches soutenues auprès du Consulat.

L’autre étudiante est aussi rentrée sans trop de difficultés (elle ne voulait jamais que mêmes ses parents et amies sachent qu’elle est expulsée). Nous avons travaillé sur le dossier avec l’aide de la Solidarité Internationale (les partenaires associatives Européennes qui soutiennent les immigrants). Elle a ainsi bénéficié d’un large appui pour aller continuer ses études aux USA juste après son retour en France.

En 2008 l’AME s’est chargé du dossier d’une jeune fille Malienne dont la mère avait tous les problèmes pour son regroupement familial en France. Avec tous les documents fournies au consulat il était impossible pour la fille de repartir auprès de sa mère vivant à Paris. Là également nous avons pris notre bâton de pèlerin pour trouver une porte de sortie. Son dossier avait subit 2 rejets à Bamako et avec notre Pool Juridique nous avons jugé utile d’introduire un recours en lien avec le Collectif de Soutien Juridique. Le recours a été déposé au Conseil d’état Français et leur décision rendue a été une injonction au Consulat de France à reconsidérer les éléments versés au dossier de regroupement familial. En ce moment la fille est en France depuis 4 mois et elle suit des cours de formation professionnelle ; sa mère est enfin soulagée d’un souci de plus de 2ans.

Dans nos activités quotidiennes auprès des migrants de retour nous faisons face à une autre problématique bien a propos ; la situation des femmes migrantes restées dans les pays d’accueil.

Nous accueillons et accompagnons nombre de personnes expulsées qui ont laissé la femme et les enfants dans le pays d’accueil. Les expulsés sont avec nous au Mali pendant que leur femme et enfants sont vulnérables et non assistés dans un autre pays. Cela contribue au stress sur les individus migrants et l’entourage familier, ici et là-bas. Et là il s’agit également de violations de droits de l’enfant et de la famille comme dit dans le droit international et diverses conventions.

Et très généralement les personnes ne se déterminent pas à revenir ou faire venir l’autre à cause de la précarité et des nouvelles dispositions en EU rendant la circulation ou le regroupement familial très compliqués surtout pour un expulsé de l’espace Schengen.

Les femmes immigrés restées après l’expulsion du mari se trouvent confrontées à de sérieuses difficultés y compris les charges domestiques et l’éducation des enfants. Elles sont parfois obligées de travailler davantage pour couvrir les besoins surplace tout en ayant l’esprit de solidarité avec le mari et les parents au village.

Ces femmes ne bénéficient pas des prestations sociales ; pourtant que le mari cotisait à la caisse de sécurité sociale. La encore ce sont les animateurs de la Solidarité Internationale qui déploient des énergies et des initiatives pour alléger les souffrances.

Les femmes immigrées « sans papiers » vivent généralement dans la peur d’être à leur tour découverte et expulsée vers le pays d’origine. Elles vivent dans la semi clandestinité alors qu’elles doivent travailler et s’occuper de l’enfant. Bien souvent elles sont seules à gérer les difficultés et deviennent alors la proie facile pour des gens mal intentionnés.

Nous faisons face à des ruptures de ménages, certaines femmes reconvertissent leur vie après l’expulsion du mari ; c’est assez dramatique pour les individus et la famille ici.

Certaines sont assez compréhensives et adoptent les comportements issus de nos valeurs (honneur et dignité) ; par contre il est très fréquent de voir la femme restée là-bas se remarier afin de « sécuriser sa vie » suite au départ involontaire du mari.

De ce fait sans être un modèle pour toutes ; elles participent également à soutenir les parents du village, allant parfois jusqu’à envoyer régulièrement de l’argent au mari.

2- Dans les pays d’accueil et de transit en Afrique nombre de nos compatriotes ont suivies le mari ou se retrouvent à la recherche de travail dans la sous région.
Principalement comme intervenante aux taches domestiques et dans le petit commerce.

Les travailleuses domestiques migrantes ont des expériences dans diverses formes de discrimination en raison de leur sexe, de la race et de leur situation sociale.

Beaucoup sont isolées et soumises à des exploitations abusives, de violence physique, de la violence sexuelle, de mauvais traitements et de violations des droits du travail, telles que le changement ou la rupture brusque de contrat de travail et de non paiement des salaires. Parce que le travail domestique n’est pas souvent reconnu comme « le travail » dans la plupart des pays de destination, les femmes qui travaillent dans ce secteur n’ont pas accès à la protection sociale et juridique.

Elles ont également un accès limité aux services de santé et d’informations, y compris les recours en cas de violations de droits fondamentaux ou spécifiques. La santé mentale qui englobe la stabilité émotionnelle d’une personne pour gérer les pressions et les autres facteurs de stress surtout dans une vie conflictuelle doit être une préoccupation majeure.

Dans le cas de femmes migrantes domestiques, elles sont clairement placées dans des situations où il existe des facteurs de stress supplémentaires provoquées par leurs conditions de vie et de travail ainsi que par la distance et la séparation de leurs familles et les réseaux sociaux. L’expulsion des travailleuses migrantes, en particulier ceux qui ont subi des détresses, et abus rejaillit sur leurs familles et leurs communautés, sans soutien psycho-social adéquat et soutenu.

Il y a très peu de services sanitaires, pour le référencement spécifique des préoccupations en santé mentale et la défense des femmes migrantes est déficitaire. Les services publics et les organisations humanitaires expriment aussi leur capacité insuffisante pour résoudre les problèmes de santé mentale des migrants. Ces écarts d’insuffisance ou de manque de prise en compte est susceptible d’être liée à l’absence de données pertinentes, qui doivent être collectées, assemblées et mis à jour pour activer des initiatives.

23 février 2010

mardi 23 février 2010

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