Association Malienne des Expulsés

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Journées AME 2009 « liberté de circulation » - Discours d’introduction

Chers camarades des associations, organisations de la société civile ; AW NI SOGOMA

Honorables invités et chers participants merci d’être des nôtres suivant l’appel de Bamako.

L’immigration étant une porteuse de coopération et de solidarité ici et là-bas, sa relation avec le co-développement pour être innovante doit être participative et analyser toutes les situations. On ne peut pas séparer le développement local des politiques économiques (termes d’échanges et dette, prix des matières et produits locaux, valorisations et redistributions des ressources). Ce sont ces opérations qui donnent un sens aux actions de développement local. Le co-développement fait une récupération des inquiétudes et des initiatives même de l’immigration. Canaliser l’épargne et les capacités des migrants vers l’investissement local productif de leurs pays d’origine. Les immigrés en faisaient déjà informellement. Un vaste programme qui peut réunir les pays du Nord et du Sud dans des actions convergentes et complémentaires, et promouvoir la sélection des nouveaux arrivants.

Les pays d’accueil parlent de co-développement dans les accords de réadmission et dans leurs politiques de gestion concertée des flux migratoires. Ce n’est que pure hypocrisie. Ceci est pour cacher l’objectif visé : immigration choisie et expulsions. Sans tenir compte des graves conséquences sur les personnes en retour forcées.

Comment se débrouille quelqu’un qui revient d’où il a tout entreprit pour atteindre en arrivant où il a tout sacrifié pour quitter. Aller chercher ailleurs devient le crime majeur sur la table de négociations des politiques d’immigration.

Le co-développement apparaît donc pour nous comme une construction mélangeant coopération et immigration pour en faire une officine où l’on trouve tous les remèdes aux maux qui rongent. De cette relation simpliste entre la politique de développement comme réponse à l’immigration ; on pourra alors interdire en toute bonne conscience la circulation des personnes, tout au moins sélectionner les arrivants puis qu’on va s’attaquer aux vraies causes. Mais en négligeant les fondements et en passant sous silence les conséquences à venir.

Le résultats est là encore inefficace et dramatique Est-ce une approche innovante ou carrément la légitimation de la fermeture des frontières. Un programme de co-développement basé sur les migrants et les immigrés est un volet de l’immigration. Donc avec élaboration, application, et mise en œuvre et suivi collégiale.

Comment allons nous intégrer le codeveloppement lorsque nous sommes sans papiers et traqués en France puisqu’il faut s’inscrire au compte épargne codeveloppement pour être suivi dans les projets futurs. La réadmission inscrite dans l’accord nuira gravement aux efforts solidaires entrepris pour la régularisation des travailleurs sans papiers afin qu’ils vivent et voyagent dignement, sans être contraint. Des centaines de personnes auront le destin de venir grossir nos rangs de chômeurs en demandant qu’en est’il de mes droits sociaux.
Dans cette crise mondialisée où les capitaux manquent sinon ils servent à combler des déficits bancaires alors comment se tiendront les promesses de financement et d’accompagnement dans les avantages présentés sur l’accord Franco- Malien dite concertée.

Dans ce monde où les plus faibles continuent de souffrir les charges des plus forts nous avons tous le devoir en tant que acteurs de notre vie sociale de débattre et de proposer maintenant ici des alternatives concrètes au regard des réalités de l’inégalité des traitements économiques et politiques sur les questions fondamentales qui interpellent aujourd’hui entre les pays d’origine des migrants et les pays d’accueil qui sont aussi les concepteurs et donateurs des programmes.

En invitant à ces débats les uns et les autres nous avons à cœur d’éclairer les opinions ici et là-bas en ressortant les enjeux et les défis face à la problématique de la migration, de la crise et des expulsions de nos compatriotes partout dans le monde.

Je vous remercie tous de vous inscrire pour des contributions franches et constructives.

Ousmane Diarra Président de l’AME
Journées AME 2009 « liberté de circulation »

jeudi 8 janvier 2009

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