Association Malienne des Expulsés

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Sommet euro-africain sur l’immigration : La société civile organise un contre sommet

Du 20 au 21 octobre 2008, la capitale française abritera le 2ème sommet euro-africain sur l’immigration. Dans leur refus de ne plus laisser les États prendre des décisions graves de conséquences sur la mobilité des êtres humains sur la planète, les organisations de défense des droits des migrants projettent d’organiser, du 17 au 18 octobre 2008, à Paris, un contre sommet à la rencontre entre les États d’Afrique et d’Europe.

En prélude au “Sommet citoyen sur les migrants”, les organisations de défense des droits des migrants, regroupées dans le Réseau euro-africain sur les migrations, ont décidé de donner de la voix pour organiser la résistance contre une Europe qui veut se barricader.

Dénommée “Caravane du Réseau euro-africain sur les migrations”, la manifestation va se dérouler dans 6 pays africains : La République démocratique du Congo, le Mali, la Mauritanie, le Cameroun, le Bénin, et le Maroc. Si la République démocratique du Congo a démarré sa caravane depuis le 4 septembre 2008, notre pays, à travers l’association malienne des expulsés (AME), est entré dans la danse le 8 septembre 2008.

Au programme, il a été prévu des émissions sur le thème : “Le sommet citoyen sur les migrations et le pacte européen”sur la radio Kayira. Un atelier sur “les mobilisations face à la directive retour et le pacte européen”, a aussi été programmé par les organisateurs. Mais, la conférence de presse animée dans le cadre de cette caravane par les responsables de l’AME a édifié les journalistes sur toute la problématique de l’immigration et de la gestion que l’Europe veut faire du phénomène.

Selon Ousmane Diarra, Président de l’AME, depuis quelques années, des jeunes des pays du tiers monde, confrontés à des difficultés de tout genre, convergent vers l’Europe qui semble être un eldorado dans le contexte de la mondialisation. “Face à cette affluence des ressortissants des pays du tiers monde qui fuient le mal développement de leur pays, l’Europe n’a eu comme solution que de se barricader derrière des dispositifs qui violent les droits humains”, a-t-il dénoncé.

Avant de révéler que les organisations de défense des droits des migrants disent non à la directive du retour et au Pacte européen sur l’immigration et l’asile. Selon lui, la France a fait du thème des migrations l’une des priorités de sa présidence à la tête de l’Union européenne pendant le second semestre de 2008. Pour matérialiser son engagement, il dira que du 13 au 14 octobre 2008, Paris abritera le conseil des ministres de l’Union européenne, au cours duquel, l’Europe compte adopter un pacte sur l’immigration et l’asile.

Mieux, une semaine après cette rencontre, la capitale française, succédera à la ville de Rabat au Maroc, pour l’organisation de la deuxième conférence interministérielle euro-africaine en matière d’immigration et de développement, du 20 au 21 octobre 2008. Comme cela a déjà été le cas à Rabat, le Président de l’AME a annoncé la grande mobilisation que la société civile africaine et européenne compte organiser à Paris du 17 au 18 octobre 2008, pour imposer aux dirigeants, une autre conception de l’immigration et un autre rapport entre l’Union européenne, l’Afrique et le reste du Monde.

Selon Ousmane Diarra, au cours de la 2ème édition du sommet euro-africain, la France entend proposer à ses homologues européens l’adoption d’accords de gestion concertée des flux migratoires et de co-développement, comme modèle de négociation. Il a estimé que ces accords ne servent que la promotion d’une immigration choisie et à imposer aux pays du sud de réadmettre leurs ressortissants et ceux des pays tiers ayant transité par leur territoire. “Il est grand temps que la question des migrations et du développement soit réellement pensée sous l’angle des intérêts mutuels : ceux des pays d’origine, des pays de transit, des pays d’accueil et surtout, ceux des migrants eux-mêmes”, a-t-il déclaré.

Avant d’annoncer qu’ils veulent d’une autre Europe que celle qui se transforme en forteresse et met en œuvre des moyens démesurés pour empêcher l’accès à son territoire et expulser les sans-papiers. “Nous refusons la systématisation des centres de détention et de l’éloignement forcé”, a-t-il conclu.

Assane Koné
Le Républicain,
10 Septembre 2008

mercredi 10 septembre 2008

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